MEXILETINE

mexiletine®

marie-laurence 4 mai 2021

Posologie
  • Chez le chien : prévention des arythmies ventriculaire: 5 à 10 mg/kg toutes les 8 à 12 heures. Lors d’une association avec le sotalol ou l’atenolol il est recommandé de ne pas dépasser 8 mg/kg.
    myotonie congénitale du Chow-chow et du Schnauzers miniature ou myokymie du Jack russel : 8,3 mg/kg toutes les 8 heures.
    douleur chronique : 4 à 10 mg/Kg toutes les 8 heures.
Classe pharmacologique : Forme galénique :

Général

Indications

La mexiletine est utilisée pour le traitement de certaines arythmies ventriculaires, notamment lors de contractions ventriculaires prématurées (CVP) et de tachycardie ventriculaire chez le chien.

Elle est couramment utilisée en association avec l’atenolol ou le sotalol, ce qui permet une meilleure réponse au traitement.

La mexiletine est également indiquée dans le traitement de certaines myopathies chez le chien, comme la myotonie congénitale (Schnauzers miniatures et Chow Chow) ou la myokymie (tremblements qui ne permettent pas l’activation de l’articulation), chez le Jack Russel.

La mexiletine peut aussi être utilisée dans le traitement des douleurs chroniques (neuropathie diabétique, lésions nerveuses) à des doses inférieures aux doses antiarythmiques.

Classe pharmacologique

Antiarythmique

Liste

I

Spécialités existantes

Mexiletine AP-HP 200mg ® commercialisation arrêtée en 2019

Approvisionnement

Matière première disponible.

PCP

Pharmacopée Européenne : OUI (monographie 01/2008, 1029).

Contre-indications

Contre-indications

La mexilétine ne doit jamais être utilisée dans les situations suivantes:

  • hypersensibilité connue à la mexilétine, à l’un des excipients ou aux anesthésiques locaux,
  • insuffisance cardiaque congestive sévère,
  • bloc de branche complet, bloc bifasciculaire, bloc auriculo-ventriculaire du 2e et du 3e degré, dysfonctionnement sinusal et maladie de l’oreillette
  • en association avec des médicaments donnant des torsades de pointe
Interactions

Associations contre-indiquées

  • Médicaments antiarythmiques donnant des torsades de pointes: amiodarone, bépridil, brétylium, disopyramide, dofétilide, hydroquinidine, ibutilide, quinidine, sotalol

Risque majoré de torsades de pointes potentiellement létales.

Associations déconseillées

  • Antiarythmiques de la classe I (autres que ceux donnant des torsades de pointe): cibenzoline, flécainide, lidocaïne, propafénone

La mexilétine ne doit pas être associée aux antiarythmiques de la classe I, sauf cas exceptionnels, en raison du risque accru d’effets cardiaques indésirables (automatisme, conduction, arythmogénicité, inotropisme).

Associations faisant l’objet de précautions d’emploi

  • Médicaments antiarythmiques d’autres classes

L’association avec des antiarythmiques d’autres classes s’avère le plus souvent très délicate, nécessitant une surveillance clinique et ECG étroite.

  • Fluvoxamine

Risque de majoration des effets indésirables de la mexilétine par inhibition de son métabolisme par la fluvoxamine.

Surveillance clinique et ECG.

Adaptation de la posologie de la mexilétine pendant le traitement par la fluvoxamine et après son arrêt.

  •  Inducteurs enzymatiques: phénytoïne (et, par extrapolation, fosphénytoïne), rifampicine

Diminution de l’activité, des concentrations plasmatiques et de la demi-vie de la mexilétine (augmentation de son métabolisme hépatique).

Surveillance clinique, ECG et éventuellement des concentrations plasmatiques de la mexilétine; s’il y a lieu, adaptation de la posologie de la mexilétine pendant le traitement par l’inducteur enzymatique et après son arrêt.

  • Théophylline (et, par extrapolation, aminophylline)

Augmentation de la théophyllinémie avec risque de surdosage en théophylline (diminution du métabolisme hépatique de la théophylline).

Surveillance clinique et éventuellement de la théophyllinémie; s’il y a lieu, adaptation de la posologie de la théophylline pendant le traitement par la mexilétine et après son arrêt.

  • Association à des médicaments ayant des propriétés inotropes négatives, et/ou ralentissant la conduction intra-ventriculaire (bêta-bloquants, vérapamil et diltiazem, antidépresseurs tricycliques, anesthésiques locaux)

Nécessite une surveillance clinique et ECG étroite, en particulier chez le sujet âgé et en début de traitement.

Précautions d'emploi

Précautions chez les animaux

La mexiletine doit être utilisée avec précaution chez les chiens homozygotes mutés pour  le gène mdr1. Il est recommandé de faire un test génétique lorsque le chien appartient à une race concernée.

Il est conseillé d’utiliser la mexiletine avec précaution et de peser le rapport bénéfice risque lors des pathologies suivantes: hypotension, insuffisance hépatique, insuffisance rénale sévère,  troubles épileptiques, troubles de conduction intraventriculaire ou dysfonction du nœud sinusal.

Effets pro-arythmiques

La mexilétine peut provoquer la survenue d’une arythmie ou aggraver une arythmie préexistante diagnostiquée ou non.

Un bilan cardiologique et un ECG sont recommandés avant la mise en route du traitement et, au cours du traitement, les contrôles ECG seront effectués avec une périodicité adaptée à chaque patient.

Compte tenu de l’effet pro-arythmogène des antiarythmiques de classe I, notamment à l’étage ventriculaire, l’utilisation de ce traitement chez les patients traités pour un syndrome myotonique justifie un bilan cardiaque approfondi avant l’instauration du traitement, précocement (par exemple 48 heures après le début) pour évaluer la bonne tolérance cardiologique, puis de manière répétée au cours du suivi. L’apparition d’un trouble du rythme cardiaque doit faire réévaluer dans les plus brefs délais le bénéfice de la poursuite du traitement par la mexilétine.

Les dystrophies myotoniques de type 1 et 2 sont associées à un risque accru de complications rythmiques et conductives. Le rapport bénéfice risque doit être discuté au cas par cas en fonction du bénéfice sur la myotonie et du risque de complications rythmiques.

Gestation et allaitement

Les études effectuées chez l’animal n’ont pas mis en évidence d’effet tératogène. La mexilétine est secrétée dans le lait maternel, il est donc recommandé d’éviter l’allaitement pendant le traitement.

Précautions chez la personne administrant le traitement

En cas d’ingestion accidentelle, demandez immédiatement conseil à un médecin.
En cas de contact accidentel avec les yeux, les rincer minutieusement à l’eau claire.
Lavez-vous les mains après utilisation.

Effets indésirables

Effets indésirables

Les effets secondaires les plus fréquents liés à l’administration de la mexilétine sont des troubles gastro-intestinaux, incluant des vomissements. De hautes doses peuvent provoquer des troubles du système nerveux central (tremblements, excitation, vertiges, somnolence),des contractions ventriculaires prématurées, des douleurs thoraciques et plus rarement une thrombocytopénie ou des convulsions.

Surdosage

Les troubles neurologiques (paresthésies, confusion, hallucinations, convulsions) précèdent généralement les troubles cardiologiques (bradycardie sinusale, hypotension, collapsus, dans les cas extrêmes: arrêt cardiaque).

Le traitement est essentiellement symptomatique. En cas de bradycardie avec hypotension, on peut utiliser l’atropine intraveineuse. En cas de convulsions, on peut utiliser les benzodiazépines.

Mécanisme d'action

La mexilétine, en bloquant les canaux sodiques modifie la cinétique de dépolarisation membranaire.

La mexilétine exerce son activité inhibitrice de dépolarisation en se fixant sur les canaux sodiques ouverts; le blocage exercé augmente avec la fréquence de l’activité membranaire (inhibition fréquence dépendante).

Ainsi, la mexilétine est essentiellement active sur le blocage membranaire des fibres musculaires soumises à des décharges répétitives (notamment les muscles striés squelettiques). Elle améliore ainsi les symptômes myotoniques en diminuant la raideur musculaire par réduction du délai de décontraction musculaire.

Au niveau cardiaque, la mexilétine possède des propriétés antiarythmiques de la classe I b de la classification de Vaughan Williams. Ses caractéristiques sont:

  • réduction de la vitesse maximale de dépolarisation de la cellule cardiaque par diminution de la conductance sodique dite rapide,
  • potentiel de repos inchangé et durée du potentiel d’action peu modifiée ou raccourcie,
  • absence d’effet sur le système sympathique,
  • aucune action sur la fréquence cardiaque,
  • léger effet inotrope négatif,
  • allongement du temps de conduction infranodal, surtout si celui-ci est déjà augmenté à l’état basal.

Forme galénique

La préparation est réalisable sous forme de gélules aromatisées qui peuvent être ouvertes et dont le contenu peut être dispersé dans l’alimentation ou un peu de liquide pour faciliter leur administration.

Prix

Les prix présentés sont uniquement à titre indicatif et tiennent compte des dosages les plus fréquemment prescrits en préparation magistrale.
Ce sont des prix de vente publics TTC moyens chez les vétérinaires et les pharmaciens et ils sont susceptibles de varier en fonction du coût des matières premières, des articles de conditionnement ainsi que du coût de la main d’œuvre.

Notice


Références

Références bibliographiques

1) Plumb Donald C. 2017. Plumb’s® veterinary drug handbook. 9th edition. Wiley Blackwell.

2) Papich Handbook of veterinary drugs. Fith Edition 2021

3) Pseudomyotonie associée à une maladie de Cushing chez un caniche champagne Delphine Dullin, Stéphane Blot le point vétérinaire, 2017

4) RCP Mexiletine Ap-HP, 200mg gélule